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THEOLOGIE | CHRéTIENS ET SEXE
La pornographie sur Internet, signe des temps de la fin ?
Publié le 12/11/2009 à 15:33 par Michel Morin

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Le fléau de la pornographie sur Internet, que faire ?

Le texte que vous allez lire est assurément très avant-gardiste de plusieurs années, voir même plusieurs décennies. Dans le contexte social actuel, une opinion ou une prise de position dans l'esprit du message véhiculé dans cet article est déjà à contre courant. De là à penser qu'on peut vraiment changer des choses à court terme est une utopie. Néanmoins, en s'inspirant des activistes anti-tabac, lesquels ont pu en quelques décennies s'attaquer avec succès à un empire quasiment invincible, je vous propose de prendre connaissance du contenu de cet article, et ce, en utilisant simplement votre sens inné des valeurs morales dictées par votre conscience ou encore en évaluant la pertinence des informations que vous y trouverez en vous fiant à votre "gros bon sens". J'ai tenté de vulgariser le plus possible l'aspect scientifique au niveau des termes et expressions, mais il se peut que certains textes soient encore difficiles à comprendre. Néanmoins, l'ensemble des informations apporte un éclairage suffisamment explicite sur la menace sérieuse que représente la consommation sans restriction de matériel pornographique sur Internet, et ce, en particulier pour les ados. J'écris à partir du Canada, et les références sont évidemment nord-américaines. Cet article est un bref résumé du site web http://www.antiporno.ca

Où en sommes nous ?

En 2004, (aux USA) le plus haut tribunal américain a statué qu'une loi destinée à punir les pédophiles est une restriction inconstitutionnelle à la liberté d'expression en ligne. Le tribunal de grande instance a rejetée et fait annulée par 5 voix contre 4,  une loi votée en 1998, alors signée par le président Clinton et maintenant soutenue par l'administration Bush. La majorité des juges a déclaré qu'un tribunal inférieur avait eu raison de bloquer le droit de prise d'effet de la loi, car il est probable qu'elle viole le Premier amendement. L'American Civil Liberties Union et d'autres critiques de la loi ont dit que ce serait restreindre trop de matériel et d'information sur Internet que les adultes ont légalement le droit de voir et d'acheter. Le tribunal a dit. "Aujourd'hui, la décision de la cour montre qu'il existe de nombreuses solutions moins restrictives pour protéger les enfants sans pour autant sacrifier la communication destinée aux adultes», a déclaré le directeur des litiges associés ACLU Ann Beeson, dans une déclaration publique.

Pour la société canadienne, il fut une époque pas si lointaine, où les repères de la moralité, concernant ce qui était obscène ou immoral, étaient encadrés par les valeurs religieuses, majoritairement catholique au Québec et protestante dans le reste du pays. Du fait, toute la morale de l'Amérique du nord était dictée par la tradition religieuse. Néanmoins, quelle que soit l'allégeance confessionnelle, tous avaient sensiblement la même interprétation pour condamner ce qui était immoral tant sur la distribution et l'affichage de matériel obscène que pour les comportements immoraux. Comprenez bien que je ne suis pas un nostalgique de cette époque, j'apporte simplement une constatation. Maintenant, les repères de la société ont changé. À partir de la fin des années 60s, les valeurs morales traditionnelles se sont alignées progressivement sur la norme sociale de tolérance. Exit la tradition... Et comme le courant de la tolérance est assez populaire ces temps-ci....la tolérance fait des petits....et nos accommodements raisonnables peuvent même inclure la diffusion de matériel pornographique à la portée de nos enfants, sans que cela soit "déraisonnable" ou illégal. Question: Pour votre jeune garçon, quel mal cela pourrait lui faire de consommer un peu de matériel porno ? Et on raisonne en se disant "Si c'est si accessible que cela, si ce n'est pas illégal, donc cela ne peut pas être dangereux !"

Pour ma part, je souhaite qu'après avoir pris connaissance des informations contenues dans ce site web, que votre attitude face à la pornographie change et que le phénomène croissant de l'étalage pornographique sur Internet commence à vous irriter.

Actuellement, quelles sont les conditions pour que du matériel pornographique soit réputé obscène ou porno au Canada?

Afin de déterminer quand l'exploitation des choses sexuelles est «indue», les tribunaux canadiens ont formulé des critères. La Cour suprême du Canada a précisé que le caractère indu d'un message se comprend en fonction du critère de la norme sociale de tolérance. Il tient compte «des normes de tolérance de l'ensemble de la société et non pas seulement des normes de tolérance d'une fraction de la société» (Procès La Reine contre. Butler, [1992]  R.C.S. 453). En conséquence, la norme permettant de déterminer si un contenu est obscène est une norme sociale nationale de tolérance. On ne jugera donc pas du caractère obscène du matériel pornographique en fonction de la personne qui le visionne ou qui pourrait le visionner mais plutôt en fonction de ce qui est toléré par la population dans son ensemble à une époque déterminée. Actuellement, ici au Canada, notre société endosse aveuglément sans poser de questions, l'opinion légale et juridique sur l'obscénité et la pornographie. Source: http://www.droitsurinternet.ca/question_108.html

Le relativisme de la norme de la tolérance
Comment les juges distinguent-ils ce qui est moral de ce qui ne l'est pas? Plus important encore, la question qui se pose est celle de savoir si la détermination de ce qui est décent ou non dépend des valeurs personnelles des juges. C'est assez relatif, vous admettrez...

Le courant moral nord-américain - USA & Canada

Cour suprême des États-Unis, un tournant historique

Miller v. California; date de la décision: 21 Juin 1973,(Miller contre l'État de Californie) est un important arrêt de la Cour suprême des États-Unis (arrêt 413 U.S. 15) rendu en 1973 réaffirmant que l'obscénité n'est pas protégée par le Premier amendement de la constitution américaine et qui créa le test Miller (Miller test) pour déterminer ce qui constitue ou non du matériel obscène.

Marvin Miller, qui avait fait appel auprès de la Cour, était l'opérateur de l'une des plus grandes affaires de courrier publicitaire de la côte Ouest, gérant de la publicité pornographique. Il avait mené une campagne de masse pour faire la publicité d'un livre illustré qualifié alors de "pour adulte". Il fut reconnu coupable par une cour de Californie d'avoir violé le code pénal californien (311.2 (a)), un délit, en ayant en toute connaissance distribué du matériel obscène. La condamnation fut confirmée par la cour d'appel de Californie. Cependant, ce procès a établi une nouvelle définition de l'obscénité, en se référant désormais au seuil de tolérance de la société, ce qui est devenu une norme d'évaluation pouvant évoluer, de ce qui peut être obscène ou non.

Importance clé de ce jugement:
Ce jugement a établi une nouvelle définition de l'obscénité, en remplaçant l'ancienne définition norme d'évaluation du matériel obscène. Lors du verdict, la majorité des juges en est arrivé à la conclusion que les normes pour définir l'obscénité tels qu'énoncés dans Memoirs v. Massachusetts était trop rigoureux, compte tenu de la difficulté à décider que tout est absolument sans «valeur sociale». La Cour a donc déterminé d'établir une version quelque peu modifiée de la norme précédente pour juger de l'obscénité du matériel obscène, tels qu'ils sont énoncés dans Roth v. United States, une affaire jugée en 1957. La nouvelle norme pour juger du matériel obscène est énoncée comme suit:


Ce jugement a établi une nouvelle définition de l'obscénité, en remplaçant l'ancienne définition par «Le matériel obscène est défini comme étant, pour une personne normale, en appliquant les normes contemporaines de la société, de trouver, dans l'ensemble [du média], un appel à la lascivité, qui représente ou décrive, d'une façon manifestement agressive, un comportement sexuel tel que le définit la loi applicable des États, et que, pris dans son ensemble, [le média] manque d'une valeur littéraire, artistique, politique ou scientifique sérieuse. »

2005 - La différence canadienne - une lueur d'espoir

 La notion de préjudice, un détail qui pourrait un jour se retourner contre la pornographie, si on plaide les preuves.

Il faut noter qu'en 2005, dans un jugement concernant l'indécence (La Reine contre Labaye, [2005] 3 R.C.S. 728), la Cour suprême du Canada a remplacé le critère de la norme sociale de tolérance. Pour savoir si un acte est indécent, elle a plutôt appliqué un critère consistant à voir si les actions reprochées causaient un préjudice à la société qui serait incompatible avec son bon fonctionnement. Étant donné le rapprochement jurisprudentiel entre l'indécence et l'obscénité, il n'est pas impossible de penser que ce test du préjudice pourrait à l'avenir s'appliquer en matière d'obscénité et de pornographie. C'est en misant sur la notion de préjudice que j'aimerais dire ici que le combat engagé contre l'industrie de la pornographie va s'orienter. Les textes qui suivront, sur cette page, vous démontreront sans l'ombre d'un doute, que la consommation de matériel pornographie sur Internet par nos jeunes ados, est une bombe à retardement, et que les préjudices sociaux prélèveront un lourd tribu si personne ne réagit. Cependant, il y a de l'espoir pour notre jeunesse et les prochaines générations, car sans l'ombre d'un doute, nous pouvons plaider la notion de préjudice et ainsi en arriver un jour prochain à sensibiliser nos élus, afin que des amendements, des lois et des dispositifs d'encadrement soient instaurés pour la protection de notre société.

Définition juridique de préjudice

Le préjudice est le dommage qui est causé à autrui d'une manière volontaire ou involontaire. Le préjudice peut être causé par le fait d'une personne, par le fait d'un animal ou d'une chose, ou encore par la survenance d'un événement naturel. En 2005, la Cour suprême du Canada a remplacé le critère de la norme sociale de tolérance par la notion de préjudice à la société. Le préjudice peut aussi affecter la victime dans son patrimoine. Dans ce cas, il consiste soit, dans une perte, soit dans des dommages causés aux biens, soit encore dans la suppression ou la diminution de revenus. Mais le préjudice peut atteindre aussi la victime dans sa personne. Ainsi en est-il, de la mort, de la diminution de capacité de travail, du préjudice esthétique, du préjudice causé par les souffrances dit "pretium doloris", ou encore du préjudice qui atteint la personne en la privant des plaisirs de l'existence (sports, voyages, lecture, audition) dit " préjudice d'agrément ". Le "préjudice moral" qui atteint la personne dans son affection, dans son honneur ou dans sa réputation est également indemnisable. Les causes de dommage peuvent se cumuler ce dont le juge doit tenir compte afin que l'indemnisation soit complète.

Doit-on prendre la pornographie comme une menace sérieuse pour nos jeunes ?

On s'accorde aussi que la pornographie véhicule une sexualité non représentative de la réalité, mais ce n'est pas seulement de cela qu'il faut s'inquiéter. C'est beaucoup plus grave que vous le croyez. Je ne parlerai pas de valeurs morales, mais de santé physique, de risque de dépendance et de développement social. Un point commun existe entre le matériel pornographique et les vidéos ou films érotiques. Ils ont pour but final non pas l'excitation du spectateur mais la production d'argent, de beaucoup d'argent... Si vous croyez que la consommation de matériel porno sert d'instrument d'éducation sexuelle détrompez-vous ! L'industrie du sexe utilise l'excitation physiologique qu'elle provoque pour faire de l'argent. Semble-t-il que l'homme a des besoins sexuels plus élevés que la femme, son désir étant l'acte tandis que le désir passe par le jeu de la séduction. Pas étonnant que les adolescents masculins sont les premières victimes de l'industrie.

En 2009, presque tous les ados sont maintenant sur le Net et y passe pas mal d'heures. En allant droit au but, j'affirme que notre jeunesse est ciblée par l'industrie du sexe sur Internet, et les conséquences physiologiques sont beaucoup plus pernicieuses que vous ne le croyez. Nous vivons une époque où la planète et l'environnement souffre comme jamais. Vous allez maintenant comprendre que parmi les fléaux de notre époque, il en est un qui est vraiment très subtil

Rappelez-vous que nous vivons maintenant dans le contexte de l'acceptation de la norme sociale de tolérance, et c'est probablement la raison pourquoi personne ne semble s'offusquer ou de prendre au sérieux la menace de la propagation incontrôlée de matériel pornographique sur Internet, ciblant la santé physiologique de notre société, et en particulier celle de nos jeunes, vulnérables comme c'est pas possible. Le jour qu'on constatera les dégâts, les préjudices, sera-t-il trop tard ? J'espère qu'on va réagir avant cela. Rappelez-vous les premiers activistes contre le tabagisme, leurs luttes, leurs lobbies anti-tabac, leurs procès et recours collectifs contre les compagnies de tabac, leurs études scientifiques sur les problèmes de santé.... Cela leur a pris combien d'années avant de changer les lois et la conscience sociale ? En l'espace de quelques années, tout le monde était convaincu, et maintenant je peux dans cette page web, vous prouver en utilisant des arguments indéniables, que la pornographie provoque des effets pervers sur le cerveau humain, pire que le tabac et autres drogues dures. Et cela, s'attaque tout d'abord à la jeunesse, en parfaite indifférence de nos communautés sociales. Alors, levons-nous et réagissons, car au Canada, la loi est de notre côté.

Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés ....
Les animaux malades de la Peste - Fable de Jean de La Fontaine

2009 - La norme de tolérance sociale américaine - 90% des sites pornos sont hébergés aux USA

OK, il y en a qui disent que le gouvernement américain n'est pas au courant ou qu'il est lié et ne peut rien faire, que c'est compliqué, qu'il y a la liberté d'expression, etc......alors lisez bien ceci, et vous comprendrez jusqu'où la norme de tolérance sociale s'est installée : Cette année, en février/mars 2009, le Président américain Barack Obama a complété son équipe au ministère de la Justice, en nommant des avocats, des professeurs de droit reconnus, parmi lesquels un homme qui a suscité la controverse au moment de sa mise en candidature. Finalement, approuvé par le Sénat, cet homme a été nommé adjoint du ministre de la Justice. Son nom: David Ogden, il a 45 ans, et il est un ancien de l'administration Clinton. Cet homme, nommé procureur général adjoint (Deputy Attorney ) est le numéro 2, au sommet de la pyramide du Ministère fédéral de la Justice américaine. C'est pas n'importe qui. La controverse est que monsieur Ogden a représenté et défendu avec acharnement et avec succès d'ailleurs, les grosses pointures de l'industrie pornographique, telles que Playboy Enterprises à plusieurs occasions, Penthouse Magazine, l' ACLU (l'Union américaine pour les libertés civiles), et Vivid Entertainment, le plus grand distributeur de vidéos pornographiques hard-core. En tant qu'avocat utilisé par l'industrie pornographique, Il s'est opposé aux filtres sur les ordinateurs de bibliothèque afin de protéger les enfants de la porno sur Internet, et a défendu avec succès le droit des pornographes de produire du matériel avec enfants d'âge mineur, en invoquant le premier amendement de la Constitution, et il fut vainqueur là aussi. Biographie de M. Ogden et vidéo de présentation (anglais)

Drogue, dépendance et dopamine

Le toxicomane est assujetti à sa production cérébrale de dopamine

On a longtemps lié l'installation de la dépendance, chez le toxicomane, à ce qu'il est convenu d'appeler le système de récompense. Il est désormais établi que tous les produits qui déclenchent la dépendance chez l'homme augmentent la libération d'un neuromédiateur, la dopamine, dans une zone précise du cerveau.
Source:http://users.skynet.be/toxicomanie/dopamine.htm

L'évolution de la recherche scientifique vient de prouver que la consommation visuelle de pornographieropension génétique agit comme une drogue sur le cerveau humain.

Les effets de la pornographie sur le cerveau sont comparables à ceux de l'héroine

LE dr. Judith Reisman, auteure de l'ouvrage « The Psychopharmacology of Pictorial Pornography » qualifie la pornographie visuelle d'érotoxine.: « Regarder des films "X" déclenche une poussée d'adrénaline qui est ressentie dans le ventre et dans les organes génitaux, ainsi qu'une sécrétion de testostérone, d'ocytocine, de dopamine et de sérotonine, indique-t-elle. "C'est un véritable cocktail de drogues. La pornographie est un excitant extrêmement puissant, qui provoque flash et euphorie... »

Selon le Dr. Reisman, le 1er amendement de la Constitution américaine, qui garantit la liberté d'expression, ne devrait pas couvrir les images et les films pornographiques, car ceux-ci n'affectent pas le centre de la parole, mais « une zone cérébrale viscérale, non langagière, située dans l'hémisphère droit »  du cerveau. La pornographie conduit au viol, aux meurtres en série, aux mauvais traitements infligés aux enfants et à l'impuissance, estime-t-elle. « Chaque fois qu'un homme regarde des images pornographiques, il éprouve de la honte, de la culpabilité et de la colère. Et il compromet sa capacité à réagir de façon normale...» Source

Les adolescents et la pornographie sur Internet

La sexualité chez l'adolescent
Lors du passage de l'enfance à l'âge adulte, l'adolescence entraîne bien souvent une grande confusion. Entre rébellion et épanouissement de la personnalité, garçons et filles doivent faire face aux bouleversements hormonaux, physiques et psychiques de la puberté. C'est aussi la période des premières expériences amoureuses, des premières relations sexuelles, des premières contraceptions...L'Internet vient s'intégrer dans le processus de développement en permettant un accès illimité et pratiquement gratuit à des millions de sites pornographiques, au cybersexe via webcams, bref, à tous les fantasmes et expériences sexuelles inimaginables.

Ados, pornographie et autosatisfaction sexuelle
Si vous croyez que la pornographie sur Internet est un outil pédagogique pour l'éducation sexuelle des ados, détrompez-vous ! Vous apprendrez plus loin que la consommation de matériel pornographique produit des effets pervers au niveau du cerveau, et c'est prouvé scientifiquement. Vous allez aussi comprendre comment le visionnement de matériel pornographique jumelé à l'autosatisfaction sexuelle entraine chez les jeunes, parfois seulement après quelques consommations, une dépendance à la porno et un renforcement des comportements sexuels, avec des conséquences destructrices à moyen et long terme, au niveau de la personnalité de l'individu. Lorsque l'éducation sexuelle d'un ado passe par le visionnement de matériel porno, les risques d'un dérapage de la personnalité au niveau des valeurs morales et sociales sont extrêmement élevés.

Le système de récompense du cerveau humain chez les humains
Le système de récompense est un système fonctionnel cérébral localisé dans le cerveau moyen (mésencéphale). Ce système est nécessaire à la survie car il fournit la motivation nécessaire à la réalisation d'actions ou de comportements bénéfiques visant à préserver l'espèce ou l'individu (recherche de nourriture, reproduction, évitement de dangers,...).

On sait très bien que le tabac, l'alcool, la cocaïne, l'héroïne et bien d'autres drogues dont la prise répétée est susceptible d'engendrer, chez l'humain, une dépendance (une servitude) ont en commun la faculté d'augmenter les quantités de dopamine dans une zone du cerveau qualifiée de "circuit récompense". La dopamine est un neuromédiateur, c'est-à-dire d'un médiateur chimique qui assure le passage de l'influx nerveux entre les neurones.

En fait, « notre cerveau, nos neurones, sont de véritables usines chimiques. Ils synthétisent des substances, les transportent, les utilisent comme moyen de transmission pour l'information, les dégradent, les recyclent, les captent, les évacuent. Notre cerveau est habitué aux drogues, il en est bourré, il en fabrique, il en sécrète. C'est dire que lui en apporter de l'extérieur risque toujours de perturber les fragiles équilibres qu'il parvient à maintenir entre toutes ces substances. Et les corps chimiques, au bout du compte, sont ce qui fait que l'environnement et ses influences est traité comme perception et enregistré comme souvenir ».

Chaque être humain, de fait, fabrique sa propre morphine interne, ou endorphine (contraction des termes "morphine" et "endogène"). Il s'agit en fait d'une trentaine de substances euphorisantes et anesthésiantes actuellement identifiées chez l'homme et l'animal. « Elles sont présentes dans le système nerveux (aussi bien au niveau de la moelle épinière que dans différents sites du cerveau, hypophyse, hypothalamus, etc.) ainsi que dans les organes (système digestif, reins, poumons, organes sexuels... ). Elles ressemblent à l'opium, ou copies de nos substances internes, et leur efficacité dépend de leur fidélité aux modèles. Les endorphines sont des neuromédiateurs (molécules signal, messagers chimiques) qui permettent à l'organisme de préserver son équilibre. Tout stress, toute situation exigeant de rester en alerte, entraîne une augmentation de notre sécrétion d'endorphines. Et cet apport procure un plaisir, réconforte, calme la douleur et l'angoisse... ».

Le stress, en effet, se traduit, lui aussi, par une activité neurochimique intense dans laquelle interviennent - entre autres - des neuromédiateurs comme l'adrénaline et la dopamine. On peut ainsi penser que l'individu "accro" au jeu, au travail ou aux activités dangereuses recherche des situations dans lesquelles son cerveau est inondé par ces drogues endogènes, calmantes et excitantes.

La découverte des endorphines s'est faite à partir d'études sur l'action de la morphine dans le cerveau. « Le raisonnement des chercheurs des années 70 était le suivant : puisque les neurones cérébraux captent la morphine (avec les effets analgésiques que l'on sait), le cerveau sécrète peut-être en lui même, pour son propre compte, des substances voisines ». C'est ainsi qu'en 1976 des neurochimistes isolèrent des substances qui furent d'abord baptisées "opioïdes" ("ressemblant à l'opium") car leur conformation moléculaire était similaire à celle des opiacés (morphine et héroïne) extraits du pavot d'Orient. La nicotine du tabac, ainsi que les calmants, stimulants, hallucinogènes, etc. (et même la nourriture, ou l'exercice physique) stimulent directement la production de dopamine (ou, ce qui revient au même : empêchent sa dégradation dans le cerveau).

En fait, cette molécule - sécrétée par un petit nombre de neurones (les neurones "dopaminergiques" ne représentent guère plus de 0,3% des cellules du cerveau) - intervient dès lors qu'il est question de désir et de plaisir. Pour de nombreux biologistes, elle est au coeur de ce qu'on appelle "les comportements de dépendance".
« Nous avons tous dans le cerveau des circuits neuronaux dopaminergiques, ou d'autres, qui renforcent les comportements qui nous procurent du plaisir. Le cerveau favorise donc naturellement les conduites qui nous amènent à modifier notre état de conscience, à rechercher l'euphorie.

En fait, toute expérience qui procure du plaisir - déguster un carré de chocolat, faire l'amour, apprécier un morceau de musique, gagner au jeu... - se traduit par une décharge de dopamine ». C'est pourquoi la dopamine est souvent appelée "messager du plaisir". « En procurant du plaisir, le système dopaminergique renforce les comportements favorables à la survie de l'espèce, tels que l'acte sexuel ou la prise de nourriture ».

La dopamine a un rôle plus complexe que celui de simple messager du plaisir: sa libération peut être déclenchée par la seule présence d'une récompense. Aussi, lorsque la consommation visuelle d'images érotiques ou pornographiques est jumelée à la masturbation, (l'orgasme sexuel étant lui-même un puissant générateur de dopamine) le consommateur se trouve piégé et développe une dépendance à la pornographie, qui est un trouble à caractère psychologique entraînant un besoin plus ou moins important d'assister à des scènes pornographiques (ou de réaliser l'acte sexuel) afin de calmer ses pulsions sexuelles en atteignant l'orgasme.

La pornographie joue-t-elle un rôle dans les dépendances sexuelles?
La pornographie associée à l'habitude de se masturber est souvent la pierre d'angle des dépendances sexuelles. Beaucoup de dépendants sexuels ont de grandes difficultés à se libérer de cette combinaison de comportements. La pornographie et ses fantasmes créent un monde irréel que les dépendants sexuels traversent pendant leur adolescence. Cela se développe ensuite et crée un objet relationnel qui conditionne leurs émotions et leur sexualité de telle sorte qu'ils éprouvent du plaisir ainsi des centaines de fois avant d'avoir une relation sexuelle avec une personne réelle.

Le circuit récompense chez les animaux:
Les chercheurs affirment que chez les animaux, leurs comportements dépendent tous d'un même circuit cérébral qui leur permet de reconnaître les récompenses essentielles à leur survie, comme la nourriture et l'activité sexuelle.

Les chercheurs ont découvert que le cerveau humain utilise ces mêmes circuits pour se réjouir d'une variété de récompenses moins fondamentales comme le succès à la bourse ou un jeu particulièrement spectaculaire comme le base-ball ou le hockey. Et à la grande surprise de bien des gens, ils ont aussi découvert que les systèmes cérébraux qui détectent et évaluent de telles « récompenses » fonctionnent généralement à la dopamine, au niveau subconscient, ce qui donne des pistes pour mieux comprendre les mécanismes de dépendance aux gains financiers, au jeu ou à la drogue ou à la pornographie.

Le système de la récompense agit par conditionnement en adjoignant une sensation de plaisir à ces comportements bénéfiques. Ce système est la cible de nombreuses substances chimiques responsables des phénomènes d'addiction (dépendance). Bien que de nombreux types de neurones soient impliqués, les neurones dopaminergiques (utilisant la dopamine comme neurotransmetteur) ainsi que les neurones produisant le neurotransmetteur sérotonine semblent y jouer un rôle important.

Action et fonctionnement du système de la récompense
Le système de la récompense agit de la manière suivante : Lorsqu'une action bénéfique est réalisée, un signal nerveux est transmis au cortex cérébral qui traite l'information afin de déterminer si oui ou non elle sera sujette à récompense. Si c'est le cas, des hormones spécifiques sont produites et transmises à l'aire tegmentale ventrale (ou ATV) qui se met à produire de la dopamine, neurotransmetteur responsable de la sensation de plaisir. La dopamine sera transmise à de nombreux centres cérébraux, dont le noyau accumbens, l'amygdale, le cortex préfrontal, l'hippocampe et le septum. Renforcement positif ou négatif

Lorsqu'une action est récompensée, le comportement à l'origine est renforcé. Le conditionnement des comportements bénéfiques se fait de deux manières : soit l'action est renforcée de manière positive, soit l'action est renforcée de manière négative. Un renforcement positif vise à la réitération d'un comportement bénéfique (nourriture, action de reproduction,...), tandis qu'un renforcement négatif vise à éliminer quelque chose de désagréable (évitement de dangers,).

Sevrage et traitement de la dépendance
Pour ma part, je préconise une approche thérapeutique de counseling individuel par le biais d'un conseiller de foi chrétienne. Je crois que l'approche d'une thérapie basée sur le christianisme a plus de chance de succès qu'une approche qui n'utilise pas la foi chrétienne ou les enseignements de Jésus-Christ. Par exemple, il est prouvé statistiques à l'appui, que la plupart des individus souffrant de dépendances aux toxicomanies constatent qu'ils sont en mesure de devenir sobre une fois qu'ils ouvrent leur cœur et leur esprit à Jésus-Christ et aux enseignements et philosophies d'une église chrétienne.

Pour que quelqu'un, accro à la drogue ou l'alcool, se remettre de sa dépendance, il est important qu'il comprenne la science derrière sa dépendance, et il doit également en être ainsi pour la délivrance de la dépendance à la pornographie. À ce que je sache, actuellement, malheureusement il n'y a pas ou trop peu de programmes de thérapie pour la dépendance à la pornographie. Les centres pour toxicomanes ne reconnaissent pas ce type de dépendance. Récemment, après m'être informé auprès d'un organisme québécois bien connu offrant des programmes de thérapie pour les dépendances de drogues dures, j'ai reçu la réponse suivante: Malheureusement, nous ne traitons pas encore ce type de dépendance. Bien que notre équipe de direction ait réalisé une réflexion sur la cyberdépendance, celle-ci n'a pas été retenue dans l'immédiat. Merci de l'intérêt que vous portez à notre organisation. J'espère que cela ne tardera pas....

J'ai créé un site web www.antiporno.ca, d'où viennent d'ailleurs, les textes que vous avez lus. Ce site web désire également apporter une lueur d'espoir pour ceux et celles qui veulent savoir s'il existe une solution au problème de la pornographie sur Internet. Je vous conseille vivement de prendre aussi connaissance d'un projet de coalition sur le site en question.

Michel Morin
michel.morin25@videotron.ca

 
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Commentaires (1)

Je me présente, je suis AFREG, je suis le webmaster d’un nouveau site, www.pornodependance.com Mon site traite de la dépendance à la pornographie. En effet, une surconsommation de pornographie n’est pas sans séquelles. Elle entraîne une véritable addiction, et modifie la perception psychologique qu’ont les dépendants du sexe. La pornographie présente également une sexualité violente et phallocratique, niant la dimension affective du sexe. Elle s’étend aujourd’hui à travers notre société (cinéma, musique, publicité, magasines), si bien que personne, pas même nos enfants, ne peut y échapper. Mon site propose un forum où les dépendants et leurs proches peuvent venir s’exprimer librement. Je souhaite à terme former une véritable communauté de membres désirant s’entraider. Une mise à jour mensuelle est prévue, avec à chaque fois de nouveaux articles. En vous remerciant de m'avoir lu! Amicalement (contact@pornodependance.com)
Afreg
Le 22/03/2010 à 21:26


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