Plus d'un million de catholiques espagnols soutenus par l'Eglise et la droite, ont manifesté samedi à Madrid contre le projet de libéralisation de l'avortement du gouvernement socialiste aux cris de « l'avortement non ! la vie oui », selon diverses estimations.
Les organisateurs ont avancé plusieurs estimations de participation à cette marche avant de la fixer définitivement à deux millions de personnes, tandis que la région de Madrid gouvernée par les conservateurs, a avancé le chiffre d'1,2 million de participants.
Le projet de loi socialiste, réformant une loi de 1985 qui n'avait dépénalisé l'avortement que sous certaines conditions, prévoit notamment une liberté totale d'avorter dans un délai de 14 semaines.
Une pilule difficile à avaler pour les chrétiens
La ministre de la Santé Trinidad Jimenez a annoncé dernièrement la mise sur le marché de la pilule dite du lendemain qui, comme vous le savez, n'est pas contraceptive, mais abortive. La pilule du lendemain est un composé chimique hormonal, présentée comme "simple contraceptif" et "plus précisément comme contraception d'urgence". La communauté chrétienne appelle à une "objection de conscience morale qui témoigne courageusement dans les faits, de la valeur inaliénable de la vie humaine".
Pour les chrétiens estimen, "l'intention de qui demande ou propose l'usage de la pilule vise directement à l'interruption d'une éventuelle grossesse en acte, exactement comme dans le cas de l'avortement". Avortement que l'on appelle couramment, précisément,"interruption volontaire de grossesse".
Ainsi, la pilule serait "anti-nidatoire", ce qui voudrait suggérer une "nette séparation entre avortement et interception", soit "le fait d'empêcher que ce produise l'implantation de l'ovule fécondé, c'est à dire de ‘embryon, dans la paroi utérine". A partir de cela, la communauté chrétienne propose une réflexion sur 6 points :
1. La perte de l'embryon
La pilule du lendemain est une "préparation à base d'hormones". Prise dans les 72 heures "qui suivent un rapport sexuel éventuellement fécondant", elle provoque un mécanisme "anti-nidatoire" : elle empêche que l'éventuel ovule fécondé – "qui est un embryon humain" précise le communiqué – s'implante dans la paroi utérine, "par un mécanisme d'altération de la paroi même". Le résultat est "l'expulsion de l'embryon", et sa "perte". Si la prise de la pilule se fait avant l'ovulation, elle pourrait "bloquer" l'ovulation : action typiquement "contraceptive". Le communiqué reconnaît que la femme qui a recours à ce type de pilule le fait justement avec "l'intention de provoquer l'expulsion de l'être éventuellement conçu". Il souligne aussi le doute qui persiste pour la femme sur son état.
2. L'embryon humain
Le communiqué fait remarquer que l'usage de l'expression "ovule fécondé" pour indiquer les toutes premières phases du développement de l'embryon ne peut pas établir pour autant une distinction – "artificielle" – entre les différents moments du développement de l'embryon. En d'autres termes certaines distinctions – ovule fécondé, embryon, fœtus – peuvent être "utiles" du point de vue de la description scientifique. Mais il n'est pas "licite", dit en même temps le communiqué de "décider arbitrairement" que l'individu humain ait "une valeur plus ou moins grande" (avec comme conséquence le devoir de le protéger) selon son "stade de développement".
3. "Un avortement réalisé par des moyens chimiques"
Le communiqué explique que l'action "anti-nidatoire" n'est pas autre chose qu' "un avortement réalisé par des moyens chimiques". "Il n'est pas cohérent intellectuellement ni justifiable scientifiquement d'affirmer qu'il ne s'agit pas de la même chose". "Du reste, il est assez clair que l'intention de qui demande ou propose l'usage de la pilule vise directement à l'interruption d'une éventuelle grossesse en acte, exactement comme dans le cas de l'avortement". Le communiqué rappelle que la grossesse "commence à la fécondation", et non lors de l'implantation dans la paroi utérine "contrairement à ce que l'on tente de suggérer implicitement".
4. Responsabilité éthique
Du point de vue éthique, le communiqué rappelle le caractère "absolument illicite" de procéder à des pratiques abortives. Il en est de même pour la "diffusion", la "prescription" et "prise" de la pilule du lendemain. En outre, le communiqué affirme la "responsabilité morale" de "ceux qui en partagent l'intention ou qui coopèrent directement" à cette prise.
5. Du point de vue de la loi
La loi règle les conditions et les procédures pour l'interruption volontaire de grossesse. Définir le produit comme "anti-nidatoire" au lieu "d'abortif" , permet en fait d'échapper à toutes les procédures obligatoires prévue par la loi, à savoir, entretien préalable, test de grossesse, détermination de l'étape du développement, période de réflexion. C'est pourquoi l'Académie y voit "une forme d'avortement tout à fait cachée" et impossible à faire enregistrer par aucune institution. Une pure contradiction avec la loi 194 toute contestable qu'elle soit, observe le communiqué.
6. Objection de conscience morale
Face à de telles procédures, l'Académie exhorte toutes les personnes travaillant dans ce secteur "à mettre fermement en oeuvre une objection de conscience morale qui témoigne courageusement dans les faits, de la valeur inaliénable de la vie humaine, surtout face à de nouvelles formes cachées d'agression contre les individus les plus faibles et sans défense, comme c'est le cas de l'embryon humain".




