Le Premier ministre haïtien Jean-Max Bellerive a affirmé à la chaîne américaine CNN qu'il craignait que le bilan du puissant séisme ne soit "bien au-dessus de 100.000 morts". Mais aucun bilan officiel n'avait pu être établi mercredi soir. Le président haïtien René Préval a, pour sa part, annoncé au quotidien américain Miami Herald qu'il craignait que le séisme ait fait "des milliers de morts" et a appelé la communauté internationale à l'aide. Dans un pays aux infrastructures déjà très rudimentaires, il est devenu pratiquement impossible d'acheminer les blessés dans les centres hospitaliers encore debout.
Un tremblement de terre de magnitude 7 sur l'échelle de Richter a frappé mardi soir Haïti , à seulement 15 kilomètres à l'ouest de Port-au-Prince. Cette catastrophe majeure dans le pays le plus pauvre des Amériques laisse craindre le pire. Les communications sont pratiquement coupées vers l'île des Caraïbes, qui compte 9 millions d'habitants, dont 2 millions à Port-au-Prince. En France, le Quai d'Orsay a mis en place un numéro d'urgence : 01.45.50.34.60.
"La prison principale de la capitale s'est effondrée et quelques détenus ont fui", a déclaré la porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) à Genève, Elisabeth Byrs, rapportant des informations du commandement de la Mission de stabilisation de l'ONU en Haïti (Minustah).
De nombreux bâtiments officiels, dont le Palais présidentiel et le Parlement, ont été détruits par le tremblement de terre de magnitude 7 qui pourrait avoir fait plus de 100.000 morts, selon le Premier ministre haïtien.
Dès mardi soir, après l'annonce d'un séisme majeur de magnitude 7 dans le pays caribéen situé à quelques centaines de kilomètres au sud des côtes américaines, M. Obama et sa secrétaire d'Etat Hillary Clinton avaient offert l'aide des Etats-Unis, et une réunion de crise a été organisée mercredi matin à la Maison Blanche.
L'administrateur de l'agence d'aide au développement USAID Rajiv Shah, chargé par M. Obama de coordonner les efforts de sauvetage, a précisé mercredi matin sur CNN que la priorité des sauveteurs était « de sauver la vie » des personnes encore bloquées dans les décombres.
L'un des problèmes auquel son agence est confrontée étant le manque de matériel de déblaiement, M. Shah a par ailleurs annoncé qu'USAID recevrait le soutien logistique de l'armée américaine et des garde-côtes qui vont avoir pour tâche d'acheminer le matériel adéquat.
Un bâtiment des garde-côtes, le « Forward » est d'ailleurs arrivé dès mercredi matin en vue de Port-au-Prince, et un deuxième, le « Mohawk », devrait suivre dans l'après-midi. Deux avions C-130 et deux hélicoptères ont également été déployés pour évaluer la situation sur le terrain, a-t-on appris auprès de l'administration.
Le président américain a précisé que des équipes de secours seraient à Haïti dans les prochaines heures :
"Nous commençons seulement à en savoir plus sur les dégâts mais les témoignages et les images que nous recevons d'hôpitaux effondrés, de maisons détruites, d'hommes et de femmes portant leurs voisins blessés dans les rues, sont vraiment déchirantes. Et pour un peuple qui ne connaît que trop la difficulté et la souffrance, cette tragédie paraît spécialement cruelle et incompréhensible.



