Portes Ouvertes constate aussi que sous la présidence d'Abdelaziz Bouteflika, la minorité chrétienne algérienne a été de plus en plus mise de côté. C'est sous son dernier mandat présidentiel qu'une nouvelle loi religieuse a été promulguée en 2006 pour interdire toutes les religions non islamiques. Mais devant les protestations d'organisations internationales, le gouvernement algérien avait dû ralentir le processus d'application de la loi. Aujourd'hui, les procès sont toujours en cours
Sur les 26 églises ayant reçu un ordre de fermeture, 22 ont de nouveau ouvert leur porte, même si elles n'ont toujours pas d'autorisation officielle pour tenir des cultes. Les procédures administratives lancées par les responsables chrétiens pour les obtenir sont en effet freinées par les autorités.
Une dizaine de procès sont encore en cours contre des chrétiens. Ils ont été accusés, soit parce qu'ils possédaient plusieurs bibles, soit parce qu'ils célébraient un culte dans un lieu privé, ou encore parce qu'on leur reprochait d'avoir « évangélisé » des Algériens. Parmi ces chrétiens, se trouve la jeune Habiba Kouider dont les audiences au tribunal avaient été largement médiatisées en juin 2008.
Suite à la loi relative à la réglementation de l'exercice du culte et des lieux de culte, entrée en vigueur en septembre 2006(*), un prêtre catholique romain avait été arrêté parce qu'il célébrait une messe avec des réfugiés. Hugh Johnson, ancien président des protestants algériens, avait été expulsé du pays. Dans le journal l'Expression, le ministre des affaires religieuses Abdallah Ghoulamullah avait comparé l'évangélisation avec le terrorisme. Ce ministre a déclaré que la minorité chrétienne (12 000 personnes) constituait un danger pour l'Algérie (33 millions d'habitants) - alors que les chrétiens n'ont commis aucun acte de violence, n'ont proféré aucune menace, et veillent à rester politiquement neutres.
(*) Il s'agit de la loi du 28 février 2006 (ordonnance 06-03).




